Les romans et œuvres majeures de Guy de Maupassant

Guy de Maupassant a écrit six romans et plus de trois cents nouvelles en seulement dix ans de carrière. Découvrez la liste complète de ses œuvres majeures, de Bel Ami à Pierre et Jean, en passant par ses nouvelles les plus célèbres.

Guy de Maupassant est l’un des écrivains français les plus prolifiques du XIXe siècle. En à peine une décennie d’activité littéraire intense, entre 1880 et 1890, il a produit une œuvre considérable : six romans, plus de trois cents nouvelles et contes, des récits de voyage, des chroniques journalistiques et même de la poésie. Cette page vous propose une liste complète des romans de Maupassant ainsi qu’un panorama de ses œuvres majeures, pour mieux comprendre l’ampleur et la diversité de son talent.

Que vous soyez élève préparant le bac de français, étudiant en lettres ou simple amateur de littérature classique, ce guide vous offre un aperçu détaillé de chaque œuvre, de ses thèmes et de sa place dans le parcours de l’écrivain. Pour en savoir plus sur la vie de l’auteur, consultez notre biographie de Guy de Maupassant.

Collection des romans et œuvres de Guy de Maupassant, écrivain français du XIXe siècle

Les six romans de Guy de Maupassant

Si Maupassant est avant tout reconnu comme un maître de la nouvelle, il a également écrit six romans qui comptent parmi les grandes œuvres de la littérature française. Publiés entre 1883 et 1890, ces romans témoignent d’une évolution stylistique remarquable, passant du réalisme brut à une introspection psychologique de plus en plus fine. Chacun d’entre eux explore des thèmes récurrents chez l’auteur : la condition féminine, l’ambition sociale, l’argent, la solitude et le désenchantement.

Une Vie (1883) — le premier roman

Une Vie est le premier roman de Maupassant, publié en 1883. Sous-titre « l’humble vérité », il raconte l’histoire de Jeanne Le Perthuis des Vauds, une jeune aristocrate normande qui sort du couvent emplie d’espoirs et de rêves romantiques. Son mariage avec le vicomte Julien de Lamare marque le début d’une longue suite de désillusions : l’époux se révèle brutal, infidèle et avare. Au fil des années, Jeanne voit ses illusions s’effondrer une à une — son mariage, sa maternité, sa fortune — dans un mouvement de dégradation inexorable.

Les thèmes principaux de Une Vie sont la condition de la femme au XIXe siècle, la désillusion, le passage du temps et l’influence du déterminisme social. Ce roman, profondément influencé par Gustave Flaubert et Madame Bovary, a connu un succès immédiat et reste l’un des textes les plus étudiés de Maupassant. La célèbre phrase finale — « La vie, voyez-vous, ça n’est jamais ni si bon ni si mauvais qu’on croit » — résume à elle seule la philosophie de l’auteur.

Bel Ami (1885) — l’ascension sociale

Bel Ami est sans doute le roman le plus célèbre de Maupassant. Publié en 1885, il met en scène Georges Duroy, un ancien sous-officier désargenté qui débarque à Paris et parvient, grâce à son charme physique et à son absence totale de scrupules, à gravir les échelons de la société parisienne. Utilisant successivement plusieurs femmes — Madeleine Forestier, Clotilde de Marelle, Virginie Walter — comme tremplins, Duroy se hisse du rang de petit employé de bureau à celui de directeur de journal et de gendre d’un riche homme politique.

Le roman est une satire féroce du monde de la presse, de la politique et de la haute société sous la Troisième République. Maupassant y dénonce l’hypocrisie des puissants, la corruption des milieux journalistiques et la place instrumentale des femmes dans les jeux de pouvoir. Pour une analyse approfondie de cette œuvre, consultez notre résumé détaillé de Bel Ami ainsi que notre analyse littéraire de Bel Ami. Vous pouvez également découvrir les personnages de Bel Ami pour mieux comprendre la psychologie de chaque figure du roman.

Mont-Oriol (1887) — la spéculation thermale

Publié en 1887, Mont-Oriol est le troisième roman de Maupassant. L’intrigue se déroule dans une station thermale d’Auvergne et entrelace deux lignes narratives : d’un côté, les manœuvres financières et spéculatives autour de la création d’un nouvel établissement thermal ; de l’autre, l’histoire d’amour entre Christiane Andermatt, une jeune femme mariée à un banquier, et Paul Brétigny, un séducteur désœuvré.

Mont-Oriol se distingue par son regard acerbe sur le monde de l’argent et de la spéculation. Maupassant y dépeint avec ironie la cupidité des paysans auvergnats, l’opportunisme des médecins et la naïveté des curistes. Le roman offre également une réflexion sur le désir et son inévitable déclin, thème que l’auteur reprendra dans ses œuvres ultérieures. Moins connu que Bel Ami ou Une Vie, Mont-Oriol mérite cependant d’être lu pour la finesse de son observation sociale et la beauté de ses descriptions paysagères.

Pierre et Jean (1888) — le drame familial

Pierre et Jean, publié en 1888, est souvent considéré comme le roman le plus abouti de Maupassant sur le plan formel. L’intrigue est d’une grande simplicité : deux frères, Pierre et Jean Roland, vivent au Havre avec leurs parents. Lorsque Jean hérite d’une fortune inattendue de la part d’un ancien ami de la famille, Pierre, dévoré par la jalousie, commence à soupçonner que son frère est en réalité le fils adultérin de cet homme. L’enquête qu’il mène en secret révèle une vérité dévastatrice sur leur mère.

Ce roman est remarquable par sa concision et sa puissance dramatique. En quelques chapitres seulement, Maupassant parvient à explorer des thèmes profonds : la jalousie fraternelle, le secret de famille, la légitimité et la culpabilité maternelle. La préface de Pierre et Jean, intitulée « Le Roman », constitue par ailleurs un véritable manifeste littéraire dans lequel Maupassant expose sa vision de l’écriture romanesque et sa conception du réalisme.

Pierre et Jean de Maupassant, roman publié en 1888 au Havre

Fort comme la mort (1889) — le déclin de l’artiste

Publié en 1889, Fort comme la mort marque un tournant dans l’œuvre romanesque de Maupassant. Le roman raconte l’histoire d’Olivier Bertin, un peintre mondain vieillissant qui entretient depuis des années une liaison avec la comtesse Anne de Guilleroy. Lorsque la fille de cette dernière, Annette, fait son entrée dans le monde, Bertin est frappé par sa ressemblance troublante avec la jeune Anne qu’il a autrefois aimée. Il développe pour la jeune fille une passion inavouable qui le conduit à une prise de conscience douloureuse de son propre vieillissement.

Les thèmes centraux de Fort comme la mort sont la vieillesse, le déclin physique, la peur du temps qui passe et l’impossibilité de retrouver le passé. Ce roman, profondément psychologique, reflète les angoisses personnelles de Maupassant, lui-même confronté à une santé déclinante. L’écriture y est d’une grande délicatesse, marquée par une introspection qui annonce certaines pages de Marcel Proust.

Notre cœur (1890) — le dernier roman

Notre cœur est le sixième et dernier roman de Maupassant, publié en 1890. Il raconte la passion d’André Mariolle, un homme cultivé et sensible, pour Michele de Burne, une femme du monde séduisante mais incapable d’aimer véritablement. Mariolle s’épuise dans cette relation asymétrique, tiraillé entre son amour sincère et la froideur de cette femme qui le maintient à distance.

Ce roman explore le thème de l’amour impossible et de l’insatisfaction sentimentale dans la haute société parisienne. L’écriture est marquée par un ton désenchanté et une analyse minutieuse des mécanismes du désir. Notre cœur est souvent lu comme le testament littéraire de Maupassant : peu après sa publication, l’écrivain sombra dans la maladie et la folie, mettant fin à une carrière littéraire fulgurante. Pour approfondir la vie de l’auteur durant cette période, consultez notre biographie de Guy de Maupassant.

Les nouvelles les plus célèbres

Si les romans de Maupassant sont des œuvres majeures de la littérature française, c’est néanmoins dans le domaine de la nouvelle que l’écrivain a atteint la perfection. Avec plus de trois cents textes publiés en une décennie, il est unanimement reconnu comme l’un des plus grands nouvellistes de tous les temps, au même titre que Tchekhov ou Edgar Allan Poe.

Boule de Suif (1880) — le coup de maître

Boule de Suif est la première nouvelle importante de Maupassant, publiée en 1880 dans le recueil collectif Les Soirées de Médan aux côtés de textes d’Émile Zola, de Joris-Karl Huysmans et d’autres écrivains naturalistes. L’histoire se déroule pendant la guerre franco-prussienne de 1870 : une prostituée surnommée Boule de Suif voyage en diligence avec des bourgeois qui, après avoir méprisé sa condition, la poussent à se sacrifier pour leur permettre de poursuivre leur route.

Cette nouvelle, saluée par Flaubert comme un « chef-d’œuvre », révèle déjà tous les thèmes chers à Maupassant : l’hypocrisie sociale, la lâcheté bourgeoise et la dignité des humbles. Elle lança immédiatement la carrière de l’écrivain et reste l’un des textes les plus étudiés dans les programmes scolaires.

La Parure (1884) — l’ironie du destin

Publiée en 1884 dans Le Gaulois, La Parure est peut-être la nouvelle la plus connue de Maupassant dans le monde entier. Mathilde Loisel, une femme de petite condition qui rêve de luxe, emprunte un collier de diamants à une amie fortunée pour briller lors d’un bal. Elle le perd et passe dix années de misère à rembourser le prix d’un bijou de remplacement, avant de découvrir que la parure originale était fausse.

La chute de cette nouvelle est devenue un modèle du genre. La Parure illustre magistralement les thèmes de la vanité, de l’apparence et de l’ironie du sort qui traversent toute l’œuvre de Maupassant.

Le Horla (1887) — aux frontières de la folie

Le Horla, publié en 1887, est l’une des œuvres les plus fascinantes de Maupassant. Sous la forme d’un journal intime, le narrateur raconte l’intrusion progressive dans sa vie d’un être invisible et malveillant — le Horla — qui le domine, le contrôle et le pousse à la folie. Le récit oscille entre explication rationnelle (la folie du narrateur) et explication fantastique (l’existence réelle de la créature).

Cette nouvelle est souvent interprétée comme le reflet des propres angoisses de Maupassant, qui commençait à ressentir les premiers symptômes de la maladie qui allait l’emporter. Pour une étude complète de ce texte majeur, consultez notre article Tout savoir sur Le Horla.

La Maison Tellier (1881)

Publiée en 1881, le recueil La Maison Tellier contient certaines des nouvelles les plus accomplies de Maupassant. Le texte éponyme raconte la fermeture temporaire d’une maison close de Fécamp dont les pensionnaires partent assister à une communion en campagne. Maupassant y mélange le comique et l’émotion avec une maîtrise remarquable, sans jamais tomber dans la vulgarité ni dans le moralisme.

Contes de la Bécasse (1883)

Les Contes de la Bécasse, publiés en 1883, forment un recueil de nouvelles reliées par un cadre narratif : des chasseurs normands se racontent des histoires en mangeant de la bécasse. On y trouve des récits célèbres comme La Folle, Pierrot, La Peur ou Un Normand. Ce recueil illustre parfaitement l’art de Maupassant dans la nouvelle courte, avec des chutes souvent surprenantes et une peinture savoureuse de la vie normande.

Autres nouvelles remarquables

Au-delà de ces œuvres phares, le corpus de Maupassant regorge de textes remarquables. Citons notamment Mademoiselle Fifi (1882), récit cruel situé pendant l’occupation prussienne ; Miss Harriet (1884), où un peintre découvre trop tard l’amour muet d’une Anglaise excentrique ; Le Papa de Simon (1879), l’histoire poignante d’un enfant sans père ; Toine (1885), conte truculent sur un aubergiste normand obligé de couver des œufs ; L’Inutile Beauté (1890), réflexion amère sur le mariage et la maternité ; et La Ficelle (1883), chef-d’œuvre d’observation rurale sur un paysan accusé à tort d’avoir volé un portefeuille.

Recueils de nouvelles de Guy de Maupassant dont Boule de Suif et les Contes de la Bécasse

Les recits de voyage et chroniques

L’œuvre de Maupassant ne se limite pas à la fiction. L’écrivain a également publié des récits de voyage qui témoignent de son goût pour l’évasion et la découverte. Grand amateur de navigation, Maupassant parcourut la Méditerranée à bord de son yacht le Bel-Ami, visitant l’Italie, la Sicile, l’Afrique du Nord et la Corse.

Son recueil Au Soleil (1884) rassemble ses impressions de voyage en Algérie, où il découvre avec fascination les paysages, les mœurs et la lumière du Maghreb. Sur l’eau (1888) est un journal de bord poétique rédigé lors d’une croisière sur la Méditerranée, mêlant descriptions maritimes et réflexions philosophiques sur la vie, la mort et la solitude. La Vie errante (1890) poursuit cette veine avec des récits de voyages en Italie et en Sicile.

En parallèle de son œuvre littéraire, Maupassant a produit un nombre considérable de chroniques journalistiques pour des quotidiens comme Le Gaulois, Gil Blas ou Le Figaro. Ces textes, qui abordent des sujets aussi variés que la politique, les mœurs, la condition féminine ou les faits divers, constituent un témoignage précieux sur la société française de la fin du XIXe siècle. Maupassant y déploie son sens aigu de l’observation et une plume souvent polémique.

Enfin, il convient de mentionner les Vers (1880), unique recueil de poésie de Maupassant, publié l’année de son entrée en littérature. Bien que la poésie ne soit pas le domaine où l’écrivain ait le plus brillé, ce recueil témoigne de l’influence de Flaubert et de la quête de perfection formelle qui animait le jeune auteur.

Le style de Maupassant : entre realisme et naturalisme

Maupassant est généralement rattaché à deux grands mouvements littéraires du XIXe siècle : le réalisme et le naturalisme. Disciple de Gustave Flaubert, il hérite du maître de Croisset une exigence stylistique absolue : la recherche du mot juste, la sobriété de l’écriture, le refus de l’emphase et la volonté de rendre la réalité dans toute sa vérité. Proche d’Émile Zola par sa participation au recueil des Soirées de Médan, il partage avec le chef de file du naturalisme le souci de dépeindre la société dans ses aspects les plus crus.

Cependant, Maupassant n’a jamais été un naturaliste orthodoxe. Dans sa célèbre préface de Pierre et Jean, il prend ses distances avec la théorie zolienne du « roman expérimental » et défend une conception plus libre de l’écriture. Pour lui, le romancier ne doit pas prétendre reproduire la réalité de façon scientifique, mais plutôt en donner une illusion convaincante grâce à un art savant de la sélection et de la composition. « Les Réalisistes de talent devraient plutôt s’appeler des Illusionnistes », écrit-il dans ce texte programmatique.

Le style de Maupassant se caractérise par plusieurs traits distinctifs. D’abord, une concision remarquable : ses phrases sont courtes, ses descriptions précises et ses récits vont à l’essentiel. Ensuite, un art de la chute qui fait de lui le maître incontesté de la nouvelle à surprise. Enfin, un pessimisme profond qui imprègne l’ensemble de son œuvre : les personnages de Maupassant sont souvent victimes de forces qui les dépassent — la société, les passions, le destin, la maladie.

Ce pessimisme s’est accentué au fil des années, à mesure que l’écrivain lui-même sombrait dans la maladie. Atteint de la syphilis depuis sa jeunesse, Maupassant a vu sa santé se dégrader progressivement dans les années 1880, souffrant de migraines, de troubles visuels et de crises nerveuses. Cette expérience personnelle de la souffrance nourrit ses dernières œuvres d’une tonalité de plus en plus sombre, culminant dans le fantastique angoisse du Horla et la mélancolie désabusée de Fort comme la mort et de Notre cœur.

L’héritage de Maupassant dans la littérature française et mondiale est immense. Son influence se retrouve chez des auteurs aussi différents que Marcel Proust, Somerset Maugham, Isaac Babel ou Raymond Carver. Aujourd’hui encore, ses nouvelles sont lues et étudiées dans le monde entier, et ses romans continuent de fasciner par leur lucidité et leur modernité. Pour approfondir votre connaissance de cet auteur exceptionnel, n’hésitez pas à consulter notre biographie complète ainsi que nos analyses détaillées de Bel Ami.

Les recueils de nouvelles les plus célèbres

Au-delà des nouvelles individuelles, Maupassant a publié ses textes dans des recueils thématiques qui méritent d’être considérés comme des œuvres à part entière. Comprendre l’organisation de ces recueils permet de mieux saisir la cohérence et l’évolution de son travail.

Boule de Suif et les Soirées de Médan (1880) — Ce recueil collectif, publié sous la direction d’Émile Zola, rassemble six nouvelles d’écrivains naturalistes. La contribution de Maupassant, Boule de Suif, eclipsa toutes les autres et fut immédiatement saluée comme un chef-d’œuvre. Flaubert lui-même écrivit à son disciple : « Je considère Boule de Suif comme un chef-d’œuvre. » Ce texte établit d’emblée les thèmes fondamentaux de l’auteur : l’hypocrisie des classes aisées, la dignité des humbles et la cruauté ordinaire des rapports sociaux.

La Maison Tellier (1881) — Premier recueil entièrement consacré aux nouvelles de Maupassant, La Maison Tellier contient dix-sept textes dont la nouvelle éponyme. Le recueil fut un succès commercial considérable, avec douze éditions vendues en deux ans. On y trouve des textes majeurs comme Histoire d’une fille de ferme, En famille et Sur l’eau, qui révèlent la diversité des registres de l’écrivain, du comique au tragique.

Les Contes de la Bécasse (1883) — Ce recueil, structuré autour d’un cadre narratif de chasse, réunit certaines des meilleures nouvelles normandes de Maupassant. Les chasseurs se racontent des histoires après le dîner, ce qui donne au recueil une unité de ton et d’atmosphère. Des textes comme La Folle, Menuet et La Peur montrent la capacité de l’auteur à passer du registre réaliste au fantastique en quelques pages.

La Parure et autres contes parisiens — Si La Parure n’est pas un recueil en soi, cette nouvelle parue dans Le Gaulois en 1884 est devenue emblématique de toute une veine de l’œuvre : les contes parisiens. Maupassant y explore les drames de la petite bourgeoisie, les illusions du monde, la vanité et l’ironie du destin. Ce texte est aujourd’hui traduit dans des dizaines de langues et figure dans la plupart des anthologies de la nouvelle mondiale. Pour comprendre le contexte de vie de l’auteur à cette période, notre biographie de Guy de Maupassant offre un éclairage précieux.

Clair de lune (1883), Miss Harriet (1884), Les Sœurs Rondoli (1884) — Ces trois recueils, publiés en l’espace de deux ans, témoignent de la productivité prodigieuse de l’écrivain. Ils contiennent des textes aussi variés que des récits de voyage, des histoires d’amour tragiques et des contes fantastiques. L’ensemble forme un panorama complet de la société française de la fin du XIXe siècle, des campagnes normandes aux salons parisiens.

Comment lire Maupassant : par ou commencer ?

Face à une œuvre aussi vaste — six romans, plus de trois cents nouvelles, des chroniques et des récits de voyage — le lecteur qui découvre Maupassant peut se sentir désorienté. Voici un guide de lecture adapté à différents profils et intérêts.

Pour les débutants : commencer par les nouvelles. La meilleure porte d’entrée dans l’univers de Maupassant est la nouvelle. Ces textes courts, souvent de quelques pages seulement, se lisent d’une traite et offrent un aperçu immédiat du style et des thèmes de l’auteur. Commencez par Boule de Suif, La Parure et Le Horla — trois textes incontournables qui couvrent les trois registres principaux de Maupassant : le réalisme social, l’ironie et le fantastique. Notre article Tout savoir sur Le Horla vous guidera dans la découverte de ce texte majeur.

Pour les amateurs de romans : Bel Ami en premier. Si vous préférez les récits longs, Bel Ami est le choix idéal pour une première lecture. Roman d’apprentissage inverse, satire sociale mordante et portrait fascinant d’un arriviste sans scrupules, il se lit avec une facilité surprenante pour un texte du XIXe siècle. La prose de Maupassant y est vive, directe, presque journalistique. Pour en tirer le meilleur, accompagnez votre lecture de notre analyse du livre Bel Ami et de notre fiche de lecture Bel Ami.

Pour les lycéens préparant le bac de français : un parcours structuré. Si vous étudiez Maupassant dans le cadre scolaire, un ordre de lecture méthodique s’impose. Commencez par Pierre et Jean, souvent au programme pour sa préface théorique sur le roman. Enchaînez avec Bel Ami, puis Une Vie. Complétez avec une sélection de nouvelles : Boule de Suif, La Parure, Le Horla, La Ficelle. Cette progression vous permettra de saisir l’évolution du style de l’auteur et la diversité de ses thèmes.

Pour les lecteurs avancés : l’ordre chronologique. Les lecteurs qui souhaitent comprendre l’évolution de Maupassant dans toute sa complexité gagneront à suivre l’ordre chronologique de publication. En commençant par Des Vers (1880) et Boule de Suif (1880), puis en progressant vers les derniers romans (Fort comme la mort, Notre cœur), on observe une trajectoire fascinante : le passage d’un réalisme vigoureux et satirique à une introspection psychologique de plus en plus profonde et douloureuse, reflet de la propre descente de l’écrivain dans la maladie.

Lectures complémentaires pour approfondir. Une fois les œuvres principales découvertes, ne négligez pas les récits de voyage (Au Soleil, Sur l’eau) ni les chroniques journalistiques, qui révèlent un Maupassant observateur aigu de son époque. Les textes critiques comme la préface de Pierre et Jean ou les correspondances avec Flaubert éclairent également la pensée de l’auteur sur son art. Pour un parcours complet, explorez nos articles dédiés : biographie de Guy de Maupassant, analyse de Bel Ami, Le Horla, ainsi que notre guide complet des 7 romans de Maupassant avec dates, intrigues et thèmes.

Pour aller plus loin sur le premier roman, voir notre guide complet sur Une Vie de Maupassant.

Questions frequentes

Combien de romans a écrit Maupassant ?

Guy de Maupassant a écrit six romans au cours de sa carrière littéraire : Une Vie (1883), Bel Ami (1885), Mont-Oriol (1887), Pierre et Jean (1888), Fort comme la mort (1889) et Notre cœur (1890). Ces six œuvres ont été publiées en seulement sept ans, entre 1883 et 1890, témoignant de la productivité exceptionnelle de l'écrivain.

Quel est le roman le plus connu de Maupassant ?

Le roman le plus connu de Maupassant est Bel Ami, publié en 1885. Ce roman raconte l'ascension sociale de Georges Duroy, un jeune ambitieux qui utilise les femmes et le journalisme pour gravir les échelons de la société parisienne. Bel Ami reste l'une des œuvres les plus étudiées dans les programmes scolaires français.

Quelles sont les nouvelles les plus célèbres de Maupassant ?

Les nouvelles les plus célèbres de Maupassant sont Boule de Suif (1880), La Parure (1884), Le Horla (1887), La Maison Tellier (1881) et les Contes de la Bécasse (1883). Boule de Suif, sa première nouvelle publiée, est considérée comme un chef-d'œuvre du genre et a lancé la carrière de l'écrivain.

À quel mouvement littéraire appartient Maupassant ?

Maupassant est généralement rattaché au réalisme et au naturalisme, deux mouvements littéraires du XIXe siècle. Disciple de Gustave Flaubert pour le style et proche d'Émile Zola pour la méthode, il a développé une écriture personnelle fondée sur l'observation précise du réel, la sobriété du style et une vision souvent pessimiste de la condition humaine.

Quel est le premier livre de Maupassant ?

Le tout premier livre publié par Maupassant est Des Vers, un recueil de poésie paru en 1880. La même année, il publie Boule de Suif, sa première nouvelle, dans le recueil collectif Les Soirées de Médan. C'est cette nouvelle qui lance véritablement sa carrière littéraire et le fait connaître du grand public. Son premier roman, Une Vie, paraît trois ans plus tard, en 1883.

Combien de nouvelles a écrit Maupassant ?

Guy de Maupassant a écrit plus de 300 nouvelles publiées entre 1880 et 1890, soit en seulement dix ans de carrière littéraire. Ces textes ont paru dans divers journaux et recueils, couvrant des genres aussi variés que le réalisme social, le fantastique, le conte rural normand et la satire de mœurs. Cette productivité exceptionnelle fait de lui l'un des nouvellistes les plus prolifiques de la littérature mondiale.

Quel livre de Maupassant lire en premier ?

Pour découvrir Maupassant, le choix dépend de vos préférences. Si vous aimez les romans, commencez par Bel Ami, son œuvre la plus célèbre et la plus accessible, qui raconte l'ascension sociale d'un jeune ambitieux dans le Paris du XIXe siècle. Si vous préférez les textes courts, lisez Boule de Suif, sa première nouvelle et un chef-d'œuvre du genre. Pour le fantastique, Le Horla est un incontournable.