À l’automne 2025, lors d’un colloque sur médias et fiction organisé à Bordeaux, la rédaction de bel-ami-maupassant.fr a rencontré la Dr. Marguerite Delvaux, maîtresse de conférences en sciences de l’information à l’Université de Bordeaux. Spécialiste des mécanismes de pouvoir dans les médias contemporains, elle travaille depuis quinze ans sur les liens entre représentation médiatique et ascension sociale. Son dernier article académique portait précisément sur Bel-Ami comme préfiguration des dynamiques d’influence numériques. Elle s’appuie notamment sur les formules et maximes de la culture journalistique française pour mettre en perspective l’évolution du discours médiatique depuis le XIXe siècle. Entretien.
Dr. Marguerite Delvaux
Sociologue des médias, maîtresse de conférencesEnseignante-chercheuse à l'Université de Bordeaux depuis quinze ans, spécialisée dans les mécanismes de pouvoir et d'ascension sociale au sein des médias contemporains. Ses travaux récents portent sur les figures de l'arrivisme dans la fiction du XIXe siècle et leurs résonances avec les cultures numériques d'influence. Portrait éditorial.
Maupassant avait-il prévu LinkedIn ?
Camille Roux :Dr. Delvaux, commençons par la question qui structure votre dernier article : en quoi Georges Duroy ressemble-t-il à un créateur de contenu ou à un influenceur de 2026 ?
Marguerite Delvaux :La ressemblance est frappante, et c'est l'une des raisons pour lesquelles *Bel-Ami* reste aussi actuel. Duroy construit d'abord son image — son allure physique, sa façon de s'habiller, sa posture dans une pièce — avant de construire quoi que ce soit de substantiel. C'est exactement ce que fait un influenceur : le packaging prime sur le contenu. Duroy n'a pas de talent d'écriture intrinsèque, il n'a pas de compétences journalistiques particulières. Ce qu'il possède, c'est une présence, un charisme, une capacité à capter l'attention et à susciter un attachement presque irrationnel chez ses interlocuteurs.
Dans le monde des médias sociaux, ça suffit pour construire une carrière. Regardez les personnalités qui dominent TikTok ou Instagram en 2026 : beaucoup n'ont aucune expertise particulière dans leur domaine déclaré. Ce qu'ils ont maîtrisé, c'est l'art de se présenter, de calibrer leur apparence et leur discours pour maximiser l'engagement. Maupassant avait décrit ça avec une précision sidérante, cent quarante ans à l'avance.
Camille Roux :Comment Duroy construit-il concrètement sa stratégie d'image dans le roman ? Ce que nous appellerions aujourd'hui le « personal branding » ?
Marguerite Delvaux :Duroy procède par étapes très rationnelles, même s'il n'utilisé évidemment pas ces termes. D'abord, il identifie les personnes clés de son réseau — Forestier, son ancien camarade de régiment, lui ouvre la porte de La Vie Française, puis les femmes successives qui lui donnent accès à des cercles de plus en plus élevés. Ensuite, il travaille son apparence physique avec une attention que Maupassant décrit avec insistance : les vêtements neufs achetés à crédit, la moustache soignée, la façon de marcher et de tenir son regard. Ce sont des investissements délibérés dans son capital symbolique.
Puis il adapte sa posture selon les contextes : humble et admiratif avec les puissants, protecteur et attentionné avec les femmes vulnérables, confident et généreux avec ceux qui peuvent encore lui être utiles plus tard. C'est exactement ce que font les gens qui réussissent sur LinkedIn ou dans les circuits de networking professionnel. Pour étudier en détail comment cette stratégie est liée à son ascension dans la presse, notre article sur [la presse dans Bel-Ami](/presse-dans-bel-ami/) montre comment le journal devient son principal levier d'image.
Camille Roux :Le journal La Vie Française dans le roman : est-ce un ancêtre des médias algorithmiques et des chambres d'écho contemporaines ?
Marguerite Delvaux :Absolument, et c'est là que le roman devient vraiment inconfortable à lire aujourd'hui. La Vie Française ne cherche pas à informer : elle cherche à orienter l'opinion publique dans le sens des intérêts de ses propriétaires. M. Walter utilisé le journal pour préparer ses coups financiers — l'affaire marocaine en est l'exemple le plus net. Les articles sont écrits pour produire un effet précis sur le lectorat, pas pour transmettre une vérité ou même une analyse honnête.
Cette logique est exactement celle des médias algorithmiques contemporains : le contenu est optimisé pour l'engagement émotionnel, pas pour l'exactitude factuelle. L'algorithme récompense ce qui provoque une réaction forte — indignation, peur, admiration — indépendamment de la valeur informationnelle réelle. Maupassant, lui-même ancien chroniqueur chez Gil Blas et Le Figaro, décrit le journalisme de son époque avec une lucidité désenchantée qui sonne comme une prophétie. Ce n'est pas un hasard si le roman reste une lecture obligatoire dans les formations aux métiers des médias.
Camille Roux :Les femmes dans *Bel-Ami* semblent fonctionner comme un réseau professionnel au sens contemporain du terme — chacune ouvrant une porte différente. Quelle lecture moderne peut-on en faire ?
Marguerite Delvaux :C'est l'aspect le plus troublant du roman, et celui sur lequel les lectures féministes contemporaines ont beaucoup travaillé. Duroy traite explicitement ses relations féminines comme des ressources à activer selon le besoin : Madeleine pour l'intelligence politique et rédactionnelle, Clotilde de Marelle pour la liberté et l'argent de poche, Mme Walter pour l'accès à la haute bourgeoisie, Suzanne Walter pour la fortune définitive et le titre. Chaque relation a une fonction précise dans le dispositif d'ascension.
Ce que Maupassant décrit, c'est un homme qui a parfaitement intériorisé les mécanismes du capital social et qui les applique sans affect apparent — sans que cela soit décrit comme monstrueux, ce qui est la véritable provocation du roman. On retrouve cette logique dans les relations de networking contemporaines, où les connexions LinkedIn sont cultivées pour leur valeur instrumentale. Pour aller plus loin sur cette question, notre analyse des [grands thèmes de Bel-Ami](/themes-bel-ami/) développe en détail le rapport entre genre et pouvoir dans le roman.
Camille Roux :Vous avez parlé de capital social. Maupassant serait-il un romancier du networking au sens bourdieusien ?
Marguerite Delvaux :Je dirais qu'il est un romancier de la *conversion du capital* — au sens sociologique du terme. Il montre avec une précision remarquable comment différents types de capital se convertissent les uns en les autres : capital physique, capital social, capital culturel, capital économique, capital symbolique — pour reprendre les catégories que Bourdieu formalisera un siècle plus tard.
Duroy part avec un seul actif réel : son capital physique, sa beauté et le charme qui en découle. Il le convertit en capital social en nouant les bonnes relations. Ce capital social lui donne accès à un capital culturel emprunté — les articles que Madeleine écrit à sa place lui donnent une réputation d'intelligence et de finesse qu'il n'a pas. Ce capital culturel fictif se convertit en capital économique : les promotions, les augmentations, les héritages. Et finalement tout cela produit du capital symbolique : le titre de baron, la légitimité mondaine. C'est du networking systémique, décrit avec une acuité que Bourdieu lui-même aurait pu admirer.
L’arrivisme a-t-il changé en 140 ans ?
Camille Roux :Duroy versus l'influenceur 2026 : quelles sont selon vous les similitudes les plus frappantes, et y a-t-il des différences importantes ?
Marguerite Delvaux :Les similitudes sont nombreuses. D'abord, l'absence de culpabilité visible : Duroy ne se torture pas moralement, il avance avec une sérénité presque désarmante. Les influenceurs qui réussissent durablement partagent cette clarté, cette capacité à ne pas laisser les considérations éthiques parasiter leur stratégie. Ensuite, la capacité d'adaptation permanente : Duroy est différent selon les contextes, il lit son interlocuteur et ajuste sa posture en temps réel. Les créateurs de contenu qui durent font exactement la même chose — ils analysent les données de leur audience et modifient leur approche en conséquence.
Enfin, et c'est peut-être le point le plus saisissant, l'usage du média comme outil de construction identitaire : pour Duroy, publier dans La Vie Française n'est pas une fin en soi, c'est un moyen de se faire un nom, de se doter d'une existence sociale aux yeux des gens qui comptent. C'est exactement la logique de LinkedIn ou de Substack pour quelqu'un qui cherche à se positionner professionnellement en 2026.
La différence principale, c'est l'échelle et l'accessibilité. Duroy avait besoin de Forestier pour entrer dans la rédaction. Aujourd'hui, n'importe qui peut publier sur Internet, ce qui démocratise la mécanique de l'arrivisme — mais crée aussi une concurrence infiniment plus féroce pour l'attention.
Camille Roux :*Bel-Ami* déconstruit l'idéologie méritocratique avec une efficacité redoutable. Est-ce toujours vrai de nos sociétés contemporaines ?
Marguerite Delvaux :*Bel-Ami* est une démonstration par l'absurde de ce que les sociologues appellent la *fiction méritocratique*. Duroy réussit non pas parce qu'il mérite de réussir au sens des vertus professionnelles classiques — compétence, travail, intégrité — mais parce qu'il possède les ressources relationnelles, physiques et contextuelles qui, dans ce milieu particulier à ce moment particulier, permettent l'ascension. Le mérite réel n'a pratiquement aucun rôle dans son parcours.
En 2026, les études sociologiques montrent que les mécanismes d'ascension sociale restent très fortement corrélés aux ressources sociales initiales, aux réseaux familiaux et professionnels, aux origines de classe. Les données sur la reproduction des élites en France, en particulier dans les grands médias et dans la sphère politique, sont à cet égard accablantes. Maupassant n'avait pas lu Bourdieu, mais il avait observé avec une acuité remarquable ce que les sociologues quantifieraient un siècle plus tard. La méritocratie reste largement une idéologie de légitimation, pas une description du réel.
Camille Roux :Peut-on lire *Bel-Ami* comme un manuel de carrière — une sorte de guide cynique de l'ascension sociale ?
Marguerite Delvaux :Des gens le font, et c'est fascinant à observer. Sur certains forums de discussion consacrés aux stratégies de carrière ou au développement personnel, *Bel-Ami* est cité comme une analyse pénétrante des dynamiques de pouvoir, voire comme une source d'inspiration pratique. Ce qui est troublant, c'est que Maupassant n'avait pas du tout cette intention — il voulait décrire, pas prescrire. Mais son refus de condamner Duroy ouvre l'espace à cette lecture.
La dernière scène du roman, où Duroy sort de l'église en baron après son mariage fastueux et lève les yeux vers le Palais-Bourbon en pensant à sa prochaine étape politique, est dans cette perspective un modèle d'ambition stratégique accomplie. Maupassant ne dit pas « cet homme est mauvais ». Il dit « cet homme a gagné ». Ce relativisme moral délibéré est l'une des marques les plus modernes du roman — et l'une des plus dérangeantes.
Camille Roux :La presse comme vecteur de pouvoir politique et financier : de 1885 à 2026, qu'est-ce qui a fondamentalement changé ?
Marguerite Delvaux :La vitesse, l'échelle et l'opacité. En 1885, La Vie Française atteint la bourgeoisie parisienne en quelques heures. En 2026, un narratif peut se diffuser à plusieurs centaines de millions de personnes en quelques minutes, dans des dizaines de langues simultanément, avec des algorithmes de recommandation qui amplifient ce qui provoque le plus de réactions émotionnelles. La puissance de manipulation potentielle est sans commune mesure.
Mais la mécanique fondamentale — utiliser la diffusion de l'information pour préparer et légitimer des coups financiers ou politiques, construire des récits qui servent des intérêts non déclarés — n'a absolument pas changé. Maupassant a décrit quelque chose de structural, pas de conjoncturel. Pour [des analyses sur l'évolution des médias contemporains](https://www.le-peuple-actu.fr/), le parallèle avec 1885 est souvent saisissant. Notre article sur [le contexte historique de la IIIe République](/contexte-historique-bel-ami/) dans lequel s'ancre le roman montre que cette collusion entre presse et pouvoir est aussi ancienne que la presse elle-même — Maupassant l'a saisie à son moment de pleine maturité.
Camille Roux :Maupassant, lui-même journaliste pendant des années, porte-t-il un regard autobiographique sur ce monde ?
Marguerite Delvaux :Indéniablement, et c'est ce qui donne au roman cette précision documentaire qui frappe dès la première lecture. Maupassant a travaillé comme chroniqueur pendant une dizaine d'années avant de pouvoir vivre de sa littérature. Il connaissait les rédactions de l'intérieur, les compromissions qui s'y pratiquaient, la façon dont les propriétaires de journaux orientaient la ligne éditoriale pour servir leurs intérêts, les petits arrangements entre les journalistes et le monde politique ou financier.
La différence entre Maupassant et Duroy, c'est que Maupassant avait une autre ressource — la littérature, la formation de Flaubert, un véritable projet artistique qui lui donnait une raison de traverser ce monde sans le laisser le corrompre entièrement. On peut lire Duroy comme un « négatif » de Maupassant : ce qu'il aurait pu devenir s'il n'avait eu que l'ambition sans le talent, ou le talent sans l'exigence morale envers lui-même.
Questions rapides : idées reçues sur Bel-Ami
Vrai ou faux : *Bel-Ami* est un roman misogyne ?
Faux, ou du moins très nuancé. Maupassant montre des femmes plus intelligentes et plus lucides que les hommes qui les entourent — Madeleine en particulier est infiniment plus compétente que Duroy. C'est la société du roman qui les contraint à exercer leur intelligence par procuration, à travers des hommes. Ce n'est pas la même chose que la misogynie : c'est la description d'un système misogyne, ce qui est très différent.
Vrai ou faux : Duroy est un personnage négatif que Maupassant condamne ?
Faux. Maupassant ne porte aucun jugement moral explicite sur Duroy, ce qui est précisément l'une des marques les plus modernes et les plus dérangeantes du roman. Le narrateur observe sans commenter. Le lecteur est seul juge — et c'est cet inconfort qui fait la grandeur du livre.
Vrai ou faux : le roman est daté et ne parle plus à la génération 2026 ?
Absolument faux. C'est l'un des romans les plus actuels que je connaisse. Je le fais lire à mes étudiants en sciences de l'information, et ils le reconnaissent immédiatement dans leur propre environnement : les dynamiques de réseau, la construction d'image, la collusion entre médias et pouvoir. Ils ont parfois l'impression que Maupassant a observé leurs flux Instagram avant de le rédiger.
Vrai ou faux : l'arrivisme de Duroy est exceptionnel, une anomalie ?
Faux, et c'est tout le propos du roman. Maupassant suggère que les systèmes produisent les individus qui les servent. Duroy n'est pas un monstre isolé dans un monde vertueux — il est le résultat logique d'un système qui récompense l'image plutôt que la compétence, le réseau plutôt que le mérite. La société couronne Duroy : la question n'est pas pourquoi Duroy est ainsi, mais pourquoi la société crée et célèbre des Duroy.
Vrai ou faux : les personnages féminins de *Bel-Ami* sont des victimes passives ?
Faux. Madeleine Forestier est sans doute le personnage le plus lucide du roman : elle connaît parfaitement le jeu, choisit ses partenaires en connaissance de cause, et tire elle-même parti de la situation dans les limites que la société lui impose. Mme Walter et Clotilde ont leurs propres désirs et leurs propres stratégies. Ce ne sont pas des victimes naïves — ce sont des joueuses dans un jeu dont les règles leur sont défavorables.
Ce que Bel-Ami dit sur l’avenir des médias
Camille Roux :Vous avez publié un article sur *Bel-Ami* comme préfiguration des dynamiques d'influence numériques. Quelle est selon vous la leçon la plus importante que ce roman adresse à notre époque ?
Marguerite Delvaux :La leçon la plus importante, c'est que les médias sont toujours potentiellement des instruments de pouvoir déguisés en services d'information. Maupassant nous a montré en 1885 que la presse peut avoir une fonction de façade — produire une apparence d'information, de débat, de libre parole — tout en servant des intérêts très précis qui n'ont rien à voir avec l'information. Cette leçon structurale s'applique avec la même force aux plateformes numériques, aux algorithmes de recommandation, aux chambres d'écho des réseaux sociaux.
La deuxième leçon, c'est que cette dynamique produit des individus qui ressemblent à Duroy : des personnes dont la compétence principale est de naviguer dans ce système, de comprendre ses règles implicites, de les utiliser à leur avantage. Ces individus ne sont pas des aberrations morales — ils sont des adaptations rationnelles à un environnement particulier. Si on ne veut plus de Duroy, c'est le système qu'il faut changer, pas les individus qu'il forme.
Camille Roux :Un dernier mot pour les lecteurs qui n'ont pas encore lu *Bel-Ami* ?
Marguerite Delvaux :Lisez-le comme un contemporain, pas comme un classique scolaire. Duroy n'est pas un personnage du passé — il est dans votre fil d'actualité LinkedIn, dans les podcasts d'entrepreneuriat, dans les conférences TED. La mécanique qu'il incarne est universelle et intemporelle. Et lisez-le en vous demandant, à chaque chapitre : dans quelle mesure est-ce que je reconnais ces comportements autour de moi ? Dans quelle mesure est-ce que je les reproduis moi-même, peut-être sans le savoir ? C'est l'inconfort que Maupassant voulait produire — et il y réussit parfaitement encore aujourd'hui.
Notre [portrait détaillé de Georges Duroy](/georges-duroy-portrait-arriviste-bel-ami/) peut aussi vous aider à appréhender toute la complexité de ce personnage avant ou après la lecture du roman.
Les 3 choses à retenir
Marguerite Delvaux :Trois idées à emporter de cet entretien. Premièrement, *Bel-Ami* est un roman sur la **conversion du capital** : Maupassant montre comment on transforme du charme en pouvoir, du pouvoir en réputation, de la réputation en argent, de l'argent en titre. C'est une description sociologique avant la lettre qui reste d'une pertinence absolue pour comprendre les ascensions sociales contemporaines.
Deuxièmement, La Vie Française n'est pas un détail du décor : c'est le **moteur du roman et sa critique centrale**. Comprendre comment fonctionne ce journal fictif — au service d'intérêts non déclarés, instrumentalisant l'opinion publique pour préparer des coups financiers — c'est comprendre quelque chose de fondamental sur la nature des médias en général, hier comme aujourd'hui.
Troisièmement, et c'est le coup de génie de Maupassant, il ne condamne pas Duroy. Il le **couronne**. En refusant de punir son arriviste, en lui offrant au contraire la consécration sociale la plus éclatante, Maupassant déplace radicalement la question morale : ce n'est pas Duroy qu'il faut juger, c'est la société qui le récompense. Ce renversement reste inconfortable en 2026 — peut-être plus que jamais.


